SAVOIR VALORISER LE CAPITAL NATUREL POUR PROTÉGER NOTRE PLANÈTE

2018/09/05
Written by Yoann DORUSSE

SAVOIR VALORISER LE CAPITAL NATUREL POUR PROTÉGER NOTRE PLANÈTE

Chez BNPP AM, nous investissons dans des entreprises dont les activités dépendent de ce que nous appelons le “capital naturel”, ou qui ont un impact sur ce dernier. Il s’agit selon la Natural Capital Coalition de l’ensemble des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables : la faune, la flore, l’air, l’eau, les sols, les minéraux, que l’être humain utilise pour vivre. Nous dépendons en effet de la nature comme écosystème, avec ses ressources et ses services, pour subvenir à nos besoins vitaux tels que l’alimentation, la santé et l’énergie. Prenons par exemple les pollinisateurs comme les abeilles qui assurent entre cinq et huit pour cent de la production alimentaire mondiale (1). La valeur cumulée de tous les services rendus par l’écosystème naturel en 2011 était estimée à 125 000 milliards de dollars par an, soit deux fois le produit intérieur brut de l’économie mondiale (2).

UNE NOTION ENCORE MÉCONNUE

Malheureusement, cette valeur est méconnue de la communauté des investisseurs. Notre industrie aurait tendance à négliger le capital naturel pour se concentrer principalement sur le capital financier ou social. Chez BNPP AM, nous pensons qu’il est de notre devoir de convaincre toutes les parties prenantes de mieux protéger le capital naturel. Si certains aspects du capital naturel, le carbone et l’eau notamment, sont relativement bien suivis par les analystes et couverts par les données ESG, d’autres facettes clés ne font aujourd’hui pas l’objet d’une évaluation adéquate comme la biodiversité et les sols. C’est précisément pour cette raison que la communauté des investisseurs doit poursuivre ses actions pour que les entreprises publient leur impact et leur degré de dépendance en matière de capital naturel.

125 000 milliards de dollars par an. C’est la valeur cumulée de tous les services rendus par
l’écosystème naturel en 2011.

LES RISQUES LIÉS AU CAPITAL NATUREL

Les entreprises dans lesquelles nous investissons aujourd’hui pourraient pâtir de services écosystémiques déficients ou avoir à payer demain certaines externalités négatives comme la pollution atmosphérique ou la dégradation des sols. Le risque financier est donc à considérer tout comme celui lié au durcissement de la réglementation environnementale. Par exemple, certains projets d’exploitation minière dans des régions où l’eau se fait rare pourraient être reportés à une date ultérieure par les autorités locales en raison de dispositions contraignantes sur les facilités de désalinisation de l’eau non prévues. Un autre grand risque à prendre en compte est celui lié à la réputation : pensons à l’impact des boycotts des consommateurs sur les entreprises directement impliquées dans la déforestation. C’est pour cette raison que nous avons lancé en 2017, une évaluation du capital naturel dans nos portefeuilles, sur la base du travail réalisé par la Natural Capital Coalition.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’évaluer notre impact sur le climat à travers la publication de l’empreinte carbone de nos portefeuilles. Il nous faut maintenant aller plus loin en réalisant le même travail sur la biodiversité, les sols et les forêts.

ÉVALUER L’IMPACT “CAPITAL NATUREL” DANS NOS PORTEFEUILLES

La prise en compte du capital naturel dans les décisions d’investissement est un exercice complexe. Mais il est temps pour la communauté des investisseurs de prendre conscience de ses dépendances et de son impact sur le capital naturel et de penser au-delà du carbone. Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’évaluer notre impact sur le climat à travers la publication de l’empreinte carbone de nos portefeuilles. Il nous faut maintenant aller plus loin en réalisant le même travail sur la biodiversité, les sols et les forêts. BNPP AM a commencé cette évaluation par l’eau, des analyses portant sur d’autres ressources sont en cours.

Si l’agrégation des données pose des questions méthodologiques évidentes, nous restons confiants : avec l’aide de toutes les parties prenantes et de l’ensemble des acteurs de notre industrie, nous parviendrons à surmonter cet obstacle.

Robert-Alexandre POUJADE
, Analyste ESG

(1) IPBES, The assessment report on pollinators, pollination and food production, p22
(2) Selon R. Constanza et d’autres scientifiques, 2014

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